AT/MP : une faute grave antérieure peut fonder un licenciement pendant la suspension
1. Le cadre légal
Pendant la suspension du contrat pour accident du travail ou maladie professionnelle (AT/MP), l’employeur ne peut rompre le contrat que dans deux hypothèses :
- faute grave du salarié,
- impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’AT/MP.
Toute autre rupture est nulle.
2. La question posée
La faute grave doit-elle obligatoirement être commise pendant la suspension du contrat ?
Ou l’employeur peut-il invoquer des faits antérieurs à l’arrêt AT/MP ?
3. La solution de la Cour de cassation (21 janvier 2026)
Oui, une faute grave commise avant la suspension peut justifier un licenciement prononcé pendant celle-ci.
Rien n’interdit à l’employeur de se fonder sur des manquements contractuels antérieurs, dès lors qu’ils caractérisent une faute grave.
4. Application au cas d’espèce
La salariée, en arrêt pour maladie professionnelle, avait :
- violé une clause d’exclusivité en exerçant une activité parallèle,
- manqué à son obligation de discrétion en communiquant des documents internes.
Ces faits, antérieurs à l’arrêt, caractérisaient une faute grave.
Le licenciement est donc valable, sous réserve que les faits ne soient pas prescrits.
À retenir
- La faute grave n’a pas à être commise pendant l’arrêt AT/MP.
- Elle peut être antérieure, si elle est suffisamment grave et non prescrite.
- La prescription disciplinaire de 2 mois reste pleinement applicable.
Cass. soc., 21 janvier 2026, n° 24-22.852 FB
